Evidemment on est arrivés en retard sur notre stand, qu’on a ouvert en urgence. Coup de bol, les visiteurs n’étaient pas encore parvenus jusqu’à nous et personne ne s’en est rendu compte.
La suite s’est répétée tout au long de la semaine : attendre, attendre, attendre, déterminer si le “passant” est un client potentiel, un collectionneur, un démarcheur ou un concurrent. Si c’est un client potentiel, on lui saute dessus, on lui sourit, et on lui demande si on peu lui etre utile. On discute 5 minutes, on s’échange les cartes de visites, on prend quelques notes pour plus tard, au revoirm, bonne journée, on attend le prochain.
en deux mots :
mortellement ennuyeux.
Par chance, il n’y a pas que le boulot dans la vie, et à 18h05 tous les jours on était dehors. On rangeait en un éclair tout ce qui pouvait être volé, on fermait tout et on s’enfuyait littéralement. En temps normal, on aurait du recouvrir les machines de draps pour éviter qu’elles prennent la poussière. Inutile de dire que c’est passé à la trappe dès lundi soir.
On a testé presque tous les restaurants du coin. Et je dois bien dire qu’à Garbsen (la ville au bord de l’autoroute où on logeait), on trouve des restos qui valent le coup. Je vous conseille très fortement le « Kaminstube », un petit resto aux spécialités allemandes au décors rustique et chaleureux, avec un personnel très sympa et une carte à s’en faire exploser la panse de bonheur. C’était vraiment bon. Prix corrects. Pour ceux qui préfèrent l’exotisme de l’Asie, il y a le « China Garten » qui est aussi très bon, avec des portions généreuses. Un restaurant plus que correct. Par contre, si on vous parle d’un italien dans un train, je vous conseille de refuser. D’ailleurs on a dit à la réceptionniste de l’hôtel qu’il valait mieux arrêter de parler de celui ci. Le train est marrant, c’est un vieux train fumeur qui pue encore la clope, tout petit, tout en bois, pas isolé (mais ils ont un petit chauffage d’appoint électrique). Les plats sont soit froids, soit trop salés, et le serveur n’attend qu’une chose : que vous partiez. Même si ça signifie débarrasser les assiettes quand elles ne sont pas encore finies, ou proposer l’addition en apportant les plats de résistance. Hallucinant. Il y a aussi un restaurant grec, le Troja, qui est pas mal sans être exceptionnel. Le tatsiki est super bon.
Bien, une fois le ventre plus que rempli, nous revoici à l’hotêl. 2 collègues obtiennent une nouvelle chambre qui ne soit pas aussi proche de la sortie. Moi j’ai vraiment de la chance, tout au bout du couloir, coté jardin (donc je n’entends pas l’autoroute). J’avais juste le voisin (le seul qui pouvait m’emmerder !) qui prenait des douches très tard le soir et très tôt le matin (oui, les deux), se rasait et se faisait un brosching à chaque fois. J’aurais pu passer à travers le mur et l’étrangler avec le cordon électrique. Mais j’ai pas trop osé me plaindre, parce qu’au moins j’avais pas de passage devant ma porte. J’avais fait des photos de l’araignée sur le miroir de la salle de bain, mais finalement elles ne donnent rien.
Bref on s’est tous bien emmerdés toute la semaine. Heureusement, il y avait les soirs où on a bien rigolé (et bu, cela va de soit), et le chef marketing italien qui avait un sudoku électronique. Imaginez un monsieur respectable d’une 60aine d’années, un peu corpulent, en costard-cravate. Imaginez-le maintenant assis, penché en avant, les coudes sur les cuisses, et les jambes écartées, le menton posé sur la poitrine, en train de jouer à un sudoku électronique pendant que le peu de visiteurs qu’on avait demandait un contact italien. Marcello relève un peu la tête, l’air contrarié et ennuyé, serre molement une main, cherche une carte de visite dans sa poche et la tend au visiteur. « Appelez là, ils vous renseigneront. Bonne journée ». Et il retourne à son sudoku. Cette image nous a fait marrer toute la semaine. Et c’est comme ça qu’on doit remonter le chiffre d’affaire ? :D (j’ai un peu exagéré le passage avec le visiteur – mais pas beaucoup, j’vous jure ! et la posture est vraiment vraie). Le Marcello en question est reparti mercredi matin, bien vite remplacé par le chef de la filiale française. Enfin quelqu’un à qui parler en français ! je crois bien que je l’ai soûlé, à force… mais on s’est quand même bien marrés.
Finalement on a tous eu 3 fois le temps de faire le tour des concurrents, j’ai même offert un café à ceux d’en face, qui s’emmerdaient encore plus que nous, pendant que mes 3 collègues étaient en vadrouille. Et surtout, surtout, et ça c’est mon « highlight » de la semaine, j’ai pu passer une heure sur le salon « promotion world ». Mon paradis à moi. Il l’avaient organisé en même temps rien que pour moi. Une enfant dans un magasin de bonbons, vous voyez ? ben c’était moi, au milieu de tous ces stands qui proposaient leur cadeaux publicitaires. Y avait des idées débiles et moches, bien sûr, mais aussi des grands classiques et des idées de génie. J’ai rapporté quelques trucs et quelques idées, je vous montrerais ça bientôt.
Vendredi il y avait tellement de monde dans les rangées que j’ai commencé à ranger discrêtement à 14h, puis sans gène à partir de 16h. Bien sûr à 18h j’avais rangé tout ce que je pouvais ranger. Il a fallu attendre 19h pour avoir les caisses où ranger les machines et ce fut un autre grand moment de bonheur : quelle machine va dans quelle caisse, voire « dans quel sens » ? puisqu’elles étaient toutes visées. Oh bien sûr, retenant les leçons du salon précédent où ils ont passé 2 heures à jouer au puzzle avec les machines, les chefs ont pris des photos… inutilisables. Donc on a repassé 2 heures à fixer les machines, y compris la toute grosse qui rentrait plus du tout dans la caisse. A 21h enfin on a été autorisés à ramener la voiture pour la charger. Hallucinant. Le salon se termine à 18h, et on ne peut vider le stand qu’à partir de 21h ! ceci a priori pour des questions de sécurité, parce que les employés qui filent un coup de main avec leurs transpalettes (comme pour nous) ne doivent pas être mis en danger. Je comprends tout à fait le principe et je l’approuve. Sauf qu’on a pas vu un seul transpalette en dehors de la halle de toute l’après-midi. Quoi qu’il en soit, à 21h30 tout était plié, et on était bien contents de ne pas avoir à revenir le lendemain matin.
Le bonheur de rentrer chez soi après une telle semaine est assez indescriptible J
J’y ai gagné de l’expérience, j’ai exercé ma patience et mon assurance pour aller vers les gens, j’ai bien rigolé avec les collègues, rafraichi mon anglais et appris plein de choses sur l’entreprise (que je n’ai évidemment pas le droit de répéter ici).
Je suis très contente de l’avoir fait. Et en prime j’ai gagné 2 jours de congé.
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